Introduction

Bienvenue en ces pages. Pensées est pour moi une façon d’exprimer des réflexions et sentiments à certains moments d’une vie. Je vous invite à lire et réagir sur ces propos pour un enrichissement mutuel par la compréhension de l’Autre

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Présentation

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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 20:53

Ex nihilo nihil, in nihilum posse reverti (Rien ne vient de rien, ni retourne à rien) dit Lucrèce pour résumer sa pensée atomiste. Le concept de « création » nous entraine dans une multitude de domaines et de directions et se cache dans nombre de réactions quotidiennes. Car ce concept de l’origine fait la part belle au créateur. Voilà le vrai problème : comment envisager le rapport du créateur à sa création (et réciproquement). N’entamons pas un discours sur l’origine, je ne souhaite pas entrer ici dans le thème, mais un point me préoccupe depuis longtemps : la responsabilité du créateur sur sa création.

 

Satisfait ou remboursé, peut on lire dans nombre d’enseignes, ici le message est clair ! Le créateur (ne commençons pas à jouer sur le cycle de production en parlant du marchand final, d’une manière ou d’une autre une telle garantie s’accompagne de retours de responsabilité vers le créateur initial) assume l’entière responsabilité en cas de dysfonctionnement du créé. Et pourtant, même avec des corps inertes, l’esprit tend à se dédouaner de sa création. N’ajoute t’on pas une multitude de petits caractères rendant accessible la garantie ? Ne précise t’on pas une durée, une utilisation et bien d’autres caractéristiques venant encadrer la responsabilité que le créateur s’impose.  Ainsi, la responsabilité se limite, se cadre et se décline, le créateur d’un produit manufacturé ne saurait assumer ce que d’autres pourraient faire de sa création. Ne trouve on pas nombre de créateurs dont l’idée fut de détourner certaines créations de leur utilisation première ?

 

Dans le domaine artistique, la relation créateur / création se fait plus intimiste. L’Histoire nous a donné de nombreux exemples de créateurs bannis socialement à cause de leur création. Pourtant, à y regarder de plus près, contrairement à un produit manufacturé à usage déterminé, la création artistique n’obéit pas à une logique de consommation. De fait, toute polémique ne pourrait naitre que de la réaction d’un tiers en regard du créé. Concrètement, si j’achète une télévision qui fonctionne mais dont les reflets sont désagréables vis-à-vis des couleurs de mon salon, je ne vais pas en rendre responsable son créateur, alors que Le Déjeuner sur l’herbe verra Manet mis au ban de l’art socialement reconnu du moment. Pourquoi alors rendre responsable le créateur artistique des réactions d’autrui face à sa création, alors qu’il s’agit justement de s’en protéger dans les garanties des produits manufacturés. On peut bien sûr y voir l’œuvre d’un besoin social de sécurité devant la provocation. Lorsque l’on censure Le Gorille de Brassens, le créateur devine que sa création ne passera pas les mailles du filet, de nos jours certains créateurs vont même jusqu’à créer du scandale pour prêter le flan aux critiques et ainsi connaître ce sentiment d’existence. Nombre de Major vous diront que rien ne se vend mieux que ce qui est censuré. De fait il parait nécessaire d’envisager la réaction possible d’autrui devant le créé comme faisant partie de la responsabilité du créateur. Mais alors il parait évident que celui-ci ne peut (et ne doit) pas justifier sa création face à toute critique d’autrui.  Il faudrait donc là encore avertir le « consommateur » : #attention cette création entre dans le cadre limité d’un genre de réaction attendu, toute autre réaction se ferait à vos risques et périls sans recours possibles sur le créateur#. J’imagine avec humour ce genre d’avertissements dans les galeries contemporaines. A vrai dire ce propos me rappelle assez les échanges vifs multi-supports que le mouvement Dada avait initiés dans sa réflexion sur l’art. L’urinoir devenu pièce de musée change de statut. Cet amateur traduit en justice pour avoir uriné dedans se fait traiter aujourd’hui en vandale, lorsqu’au moment de la création, nul doute que bon nombre de bien pensants auraient trouvé le geste juste.

 

Ceci rend la problématique encore plus complexe puisque le statut de notre création et de notre créateur évoluent au cours du temps. En extrapolant, on pourrait dire que créateur et création « vivent » grâce à cette évolution dans le temps. Lorsque l’équation célèbre d’Einstein devient outil de destruction massive, le créateur se fait philosophe et publie dans « comment je vois le monde » son évolution. Doit-on le rendre responsable de cette arme, application directe de sa théorie ? Créateurs et créations vivent, mais je n’ai parlé jusqu’ici de cette notion de vie que lorsqu’elle s’appliquait dans l’évolution du regard d’autrui, imaginons maintenant qu’ils disposent d’une volonté propre…

 

Nous retrouvons notre abysse ultime source de tant de théories au travers des civilisations : La Création. Que la création initiale soit le fruit d’une succession de hasards ou celui d’un ensemble supérieur que d’aucun baptisent Dieu, la question est : quelle est la responsabilité du créant vis-à-vis du créé, avec comme conséquence la liberté du créé vis-à-vis de son créateur. La cohérence demande d’utiliser la même réponse à tous les niveaux, de Dieu à votre Ipad, du Talmud à Gunther Von Hagens, du grand architecte de l’univers à NTM : quelle dépendance existe-t-il entre le créant et le créé.

 

A réponse binaire, conséquences étouffantes. Une responsabilité totale du créant sur le créé associée au libre arbitre du créé accouchera d’un monstre ; tout étant de la faute du créateur, le créé deviendra rapidement un tyran pour son « père ». Une absence totale de responsabilité du créateur associée à ce même libre arbitre reviendra à un aveu d’impuissance et un déficit existentiel abyssal, le créateur égoïste laissant une création à l’abandon d’un univers pour lequel elle n’est pas faite n’aura guère ses faveurs. La création capable de survivre nourrira certainement à son tour un sentiment nombriliste, n’ayant connu la survie que de son fait propre. Il reste l’absence de libre arbitre, solution bien dure à accepter à un niveau individuel, qui ferait, dans une perspective globale, de chaque unité l’instrument d’un grand tout. Là encore, nul doute qu’une majorité de créations reprocheront à leur créateur de n’être que leur jouet. Le créateur, dans tous les cas, ne saura contenter sa création : triste constat singulièrement dissuasif.

 

Fort heureusement, il nous reste le gris, l’entre deux, cette inconnue indosable qui permettra à chacun de situer son curseur là où il le jugera équilibré. L’exercice parait simple, mais il sera la source de tous les désaccords quotidiens. En supposant que chacun trouve sa réponse équilibrée (ce qui n’est à priori déjà pas gagné), comment dans les faits faire vivre deux personnes dont les équilibres seront opposés ? Tout les dissociera. Le temps peut également jouer un rôle dans le mouvement qui ne manquera pas de s’opérer sur ce sujet au gré des expériences. Et surtout comment avoir une telle foi en l’homme pour s’imaginer qu’un individu déclinera cette question linéairement dans toute l’échelle des conséquences sans faire intervenir son ego pour modifier sa perception suivant ses besoins propres. Humains, trop humains, nos en viendrions presque à espérer le déterminisme pour que toute cette folie s’achève…

 

Entre le néant d’une réponse directive et le flou chaotique d’une réponse non universelle, je ne saurais trancher, l’une et l’autre apportent toute la matière à la justification du mécontentement, à la fois pour la création et pour le créé. Finalement, quelque soit l’option choisie, le choix ambitieux serait de ne pas chercher un tiers responsable à ses malheurs. Car le fait d’avoir été créé ne nous permet il pas parfois de se décharger de responsabilités trop pesantes ?

 

Profitons donc du courage du créateur (à tous les niveaux, du bien manufacturé à l’existence spirituelle, en passant par l’artiste et le coordinateur social) pour y puiser l’énergie d’une vie intérieure sans se polluer l’esprit de vaines polémiques anihilantes, s’il advenait qu’un créateur parle, mettons nous en position de pouvoir l’entendre… Qui sait, son appel pourrait peut être nous aider à trouver nos propres réponses.

 

 

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Par Renaud Guilbert-Roed - Publié dans : pensees-rgr - Communauté : Quête d'un monde meilleur
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Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 18:40

L'art de la ligne s'acquiert avec le travail et necessite une grande dose de talent, pour faire partager quelques travaux d'artistes, vous toruverez une partie des dédicaces sur l'album photo du site dont voici le lien direct http://pensees-rgr.over-blog.com/album-1688577.html

 

J'essaierai de compléter l'album petit à petit en fonction des nouveautés et des anciens non encore scannés !

 

MAJ avec le festival de Chambery 2010!

 

avec une remarque en passant, certains commerçants, professionnels de la bande dessinée vendent des albums dont la première page est déchirée, pourquoi me direz vous ? Tout simplement parcequ'un individu peu scrupuleux aura soigneusement découpé une dédicace faite gratuitement par un artiste pour son public de lecteur. Découpée, pour la revendre, car quand on voit la cote de certains artistes le côté sentimental que je défend fait pâle figure dans notre monde... Et après on s'étonne que certains artistes (comme Loisel pour en citer un) ne dédicacent plus...

Alors si cela vous arrive, ne succombez pas à cet album première édition en dessous de la cote mais dont il manque la première page: laissez aux vendeurs mercantiles le fruit de leur vénalité avec des oeuvres d'art amputées.

 

MAJ avec mes albums pas encore scannés repris à un ancien collectionneur février 2011

Par Renaud Guilbert-Roed - Publié dans : Petites pensées ludiques
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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 14:36

Dès qu’il s’agit de spiritualité, la voie entre un discours philosophique trop complexe et une pensée réductrice uniquement caricaturale destructrice se fait très délicate. Après de nombreux essais sur le sujet, j’espérais la BD qui permettrait enfin d’apporter une réflexion sur la notion de Dieu constructive, intelligente adaptée au format BD

 

Dans cet album vous trouverez un manifeste sur Dieu. Non pas une bible donnant des prescriptions, mais plutôt une réflexion sur toutes les notions essentielles humaines qui sont liés à ce concept Divin. L’album réussit le tour de force de réunir plusieurs lectures dans son contenu. Au premier degré vous aurez un récit prenant au rythme effréné sur la fabuleuse histoire d’un être pas comme les autres qui deviendra au cœur des problématiques mondiales, phénomène de société. Au second degré vous trouverez un critique acerbe de l’homme dans une société moderne capitaliste au fort droit individuel. Dans une autre lecture vous pourrez la succession de notions qui permettent petit à petit à l’auteur de définir Dieu. L’auteur joue avec les notions occidentales de Droit pour disserter sur certaines notions épineuses sources de tant de divergences suivant les courants religieux. Seront évidemment traitées, le libre arbitre, la responsabilité d’une divinité créative sur sa création, l’infini et tant d’autres sujets essentiels. Mais encore plus fort et là réside à mon sens le génie de l’ouvrage : il ne s’agit pas d’un manifeste sur son existence important peu au final, mais d’une analyse de la réaction humaine face à une éventuelle existence. Le propos rappelle un peu le merveilleux essai de Daniel Sibony : Nom de Dieu : par delà les trois monothéismes

 

Vous verrez donc devant vous la totalité des réactions possibles et leur enchaînement logique depuis le début de la civilisation occidentale jusqu’à aujourd’hui.

 

Tout d’abord l’incrédulité du fait de l’ignorance, il va falloir que Dieu fasse ses preuves évidemment,  l’homme étant si supérieur qu’il aura tendance à placer le différent comme inférieur et donc potentiellement fou  (ou phénomène de foire). Devant une succession trop éclatante de « signes », il ne pourra que voir une lumière, ce qui aura pour effet de sacraliser Dieu en éblouissant l’homme, (volontairement ou pas). Pendant une courte période aura donc lieu l’adhérence au concept. Mais une fois le concept sorti du marginal que l’on peut admirer, va se créer la résistance et le doute inhérents à l’humain. Ce qui convient à un petit nombre sera soumis à la critique du grand nombre. D’un point de vue crédibilité d’abord puis, si elle peut être admise dans le cadre global d’un point de vue ennemi. En effet l’admission d’une entité supérieure à la société va immédiatement engendrer chez nombre de celle-ci la rancœur égoïste de n’être pas puisqu’une entité supérieure existe. De fait à défaut de pouvoir nier son existence, la seule solution pour ce groupe d’individus sera de donner toute responsabilité à l’entité supérieure par le glissement facile du couple Responsabilité/conséquences. Evidemment il ne s’agira pas pour ce groupe d’attribuer les responsabilités positives à cette entité venant perturber leur oligarchie. Or dans une société de Droit de type occidental responsabilité implique dédommagement, l’entité nouvellement lésée par l’arrivée d’un puissance supérieure exigera donc des dédommagements (inutiles tant qu’elle était dominante). Devant ce conflit inextricable du fait des repères différents des parties (comme le montre bien le récit) il faudra trouver un arbitre neutre comprenant les requêtes dans leur essence sans les biais lexicaux ou culturels qu’un concept peut abriter. Là encore le récit trouve cette formidable invention de l’ordinateur somme des cultures mondiale parfait pour établir un dialogue. Je ne voudrai pas gâcher alors ce climax du récit d’un point de vue philosophique, mais la question de la somme des cultures humaines avec son développement à cet individu prétendu Dieu prend une signification très intéressante (même si de fait la réponse définit la notion divine que l’auteur a caché derrière le personnage). A ce stade L’auteur nous définit enfin Dieu. Certes cela avait été dévoilé dès le début avec les deux citations introductives, mais le cheminement se laisse suivre avec plaisir. 

  

La suite du récit dissertera sur cette incapacité humaine de pouvoir accepter dans son ensemble une entité lui étant supérieure, profitant de tout prétexte pour valoriser son œuvre au détriment d’une autre, de niveler son existence sur celle à priori plus haute. La force de la masse devient alors le marteau ultime pour broyer ce qui aurait pu être Dieu. La fin habile pour la critique acerbe de la société de consommation profitant de tout événement pour supprimer le libre arbitre de l’individu en lui laissant le seul rôle du consommateur se fait particulièrement noire et inquiétante. Parait alors bien secondaire la question de l’existence réelle de Dieu.

 

 

Le graphisme dans son fort contraste noir et nuances de marron en fait une bichromie très forte. Beaucoup de noir aux contours savamment travaillés pour un effet brutal du meilleur goût. La structure des cases dégage un fort dynamisme permettant une lecture agréable même au premier niveau de la simple aventure. Le contraste permanent permet de beaux moments graphiques soulignant la pensée sans écraser le texte.

 

Au final voici une réussite unique: unifier philosophie, sociologie et mystique dans un format BD. Certes les thèmes sont classiques dans le domaine, mais parfaitement traités pour ce format, par ailleurs le Dieu présenté n’est effectivement pas stricto-sensu celui d’une des grandes religions, mais il pourrait être celui de nombreuses. En évitant toute polémique stérile tout en montrant le cheminement de l’humain face à la notion de Dieu, l’auteur gagne avec talent le difficile pari initial.

   

Culte : à lire et relire pour en apprécier toutes les finesses.

 

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Par Renaud Guilbert-Roed - Publié dans : Petites pensées ludiques
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /Fév /2010 18:28

Depuis les propos du général de Gaulle, les choses n’ont guère changé sur le fond, ne faisant que poursuivre la voie déjà choisie.


Certes, l’euro a été créé, matérialisant un marché économique plus grand et puissant car solide et diversifié que la kyriade de devise qu’il a remplacé, notre intervenant en parlait déjà dans son discours, mais cette devise n’a pas remplacé le dollar dans son rôle de devise de réserve. D’autre part la notion de devise supra nationale proposée s’est concrétisée par le FMI et ses droits de tirage spéciaux (DTS), mais l’actif du FMI se compose justement sur environ 90% de devise en dollar, de fait le DTS lui-même est étroitement lié au dollar ce qui ne fait pas évoluer le schmilblick ! Le dollar demeure la devise de réserve privilégiée par nombre d’états pour garantir les échanges.


Or, parallèlement, l’état Américain a continué sa politique de vie à crédit : dans la mesure ou émettre de la dette ne pose pas de soucis puisqu’elle est achetée par l’étranger pourquoi changer ! Pour verrouiller en quelque sorte encore plus la position dominante du dollar dans le grand échange mondial, il fallait plus que le simple or, valeur refuge par excellence, d’où le besoin des US de voir le pétrole, nerf de la guerre du développement économique libellé en dollar : tous ceux qui voudront acheter du pétrole devront avoir du dollar donc investir aux emprunts en dollar émis par les US, logique ! L’expression pétrodollar éclaire : les émirs sont riches de dollars que les américains ne veulent absolument pas voir revenir dans leur pays puisque cela a permis à l’état de s’endetter « gratuitement » n’ayant rien donné en contrepartie que du papier. A ce stade, le fait que les Etats-Unis décident d’attaquer l’Irak très peu de temps après la décision de son dirigeant de vendre désormais son pétrole en Euro peut trouver un écho différent qu’une simple lecture « justicière ».


Les quantités d’or n’ont pas subi de bouleversement depuis 1965, l’Amérique n’est plus aujourd’hui le réservoir le l’or du monde. Or ces dernières années l’endettement US bat tous les records, au point de s’inquiéter sur le fait que des investisseurs puissent acheter le dollar et permettre de garder cette politique basée sur le dollar étalon mondial. Imaginons que la chine, première détentrice de dollar hors US, décide de changer ses réserves car trop exposée au risque de change sur une devise qui ne donne plus toutes les garanties de sécurité (ou simple mesure de rétorsion)  ou disons de ne plus financer la dette des US : qui payera cette dette US dont plus personne ne voudra ?


Contre le chaos, les US jouent avec leurs moyens habituels : la guerre. Contre qui ? Contre ce qui pourrait mettre en danger la suprématie du dollar, donc en ce moment l’euro. Pour convaincre les investisseurs que le dollar reste un produit sans risque et donc qu’il faut continuer d’honorer les dettes américaines il faut les convaincre qu’ailleurs c’est pire. On a vu l’euro monter un maximum et par sa taille de marché suffisante étant potentiellement une alternative à une zone dollar en chute. Que font les US : via leurs organismes internationaux il faut décrédibiliser l’euro pour que le dollar reste la monnaie référence ; de là une guerre depuis le début de l’année contre l’euro. Les agences de notations américaines ont changé leurs priorités des pays à risque (auparavant Mexique… et zone dollar) pour se concentrer sur la zone Euro et ainsi affaiblir la devise (affaires de la Grèce, du Portugal, Espagne Italie…).  Certes mais alors me direz vous pourquoi l’Europe laisse t’elle faire ?


A très court terme cela la favorise : puisque l’euro baisse, la production européenne va retrouver la compétitivité à l’international. Or la locomotive est allemande et pour la relancer, un effet devise favorable peut aider. D’autre part, l’Europe est incapable de proposer un autre modèle : le monde ne va pas simplement changer de devise de référence en connaissant tous les biais d’un tel système !

Au final le problème d’une devise nationale servant d’étalon mondial est connu de tous, le discours de 1965 le prouve puisqu’il le dénonce déjà, mais comme tout le monde y a trouvé son intérêt à un moment donné et a participé, personne ne souhaite aujourd’hui que l’ensemble s’effondre d’un coup, quand bien même l’heure de payer pour les US se rapproche. Tous les beaux discours aussi bien démagogiques qu’autoritaristes seront vains sans avoir résolu ce point essentiel de la mondialisation qui confère tous pouvoirs au pays porteur de la devise référence. Il faut comprendre que la crise de crédit était le stimulus déclencheur du risque pays autrement plus grave. Alors comme d’habitude tout le monde se réfugie sur le métallique en délaissant la monnaie fiduciaire. Le graphique du cours de l'or depuis 1800 en est une jolie ilustration.

Dommage que tout cela pourtant connu, soit si peu anticipé et conduise ceux qui ne savent pas à une misère durable voire pire. Cette façon de jouer avec les masses ignorantes me révolte. Ceci se fait  à leur détriment au non d’un sauvetage « global » mais dont il faudrait être aveugle pour voir qu’il en sécurise plutôt quelques uns que tous et surtout qu’il ne s’attaque pas aux sources du problème. Dommage que les dirigeants soient plus occupés de nos jours à se protéger eux même plutôt que les peuples qu’ils sont sensés représenter, dommage que les hommes capables de voir plus loin que le bout de leur nez dont nous avions un joli spécimen en 1965 ne soient pas ceux que la démocratie porte pour la promouvoir…

Par Renaud Guilbert-Roed - Publié dans : Pensées d'un homme du monde
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 18:24

Après cette introduction,  tout ce qui pourrait être ajouté me paraîtrait moins clair ; mais pour quelqu’un n’ayant aucune idée du monde financier, quelques pistes de compréhensions me paraissent nécessaire avant d’aborder un commentaire actuel de la parole du Général.

 

Tout d’abord la devise : Les états émettent de la devise pour permettre les échanges autres que le troc et pour faire circuler (et accessoirement permettre le contrôle) les biens du pays entre les gens. Tout se fait comme si, ayant en garantie des actifs : or, biens… le pays émettait du papier nommé devise pour matérialiser ces biens et pouvoir les fragmenter, permettant la fluidification des échanges. Ceci dit le pays ne peut pas faire ce qu’il veut avec les autres : admettons qu’un pays ait de l’or et une certaine quantité de monnaie émise. Si le pays créait de la nouvelle monnaie sans augmenter le stock d’or en contrepartie on comprend bien que la valeur de la monnaie diminuerait : on serait en effet obligé de partager l’or avec beaucoup plus de monde, invitez 3 personnes de plus pour le même gâteau : les parts seront plus petites !

 

Considérez maintenant qu’en gage d’une devise il n’y ait pas forcément que de l’or mais d’autres devises. Pour rappel les anciens francs CFA d’Afrique étaient émis par des pays qui avaient des Francs en coffre. Là çà se complique un peu puisque la valeur d’une monnaie n’est plus directement dépendante d’une matière première tangible mais d’une autre monnaie.

 

Voyons maintenant la création de devise via l’emprunt. Lorsqu’un état emprunte dans sa devise, cela revient  à créer de la devise pendant la durée de l’emprunt. Comment se fait-ce ? Vous êtes propriétaire d’un appartement, vous souhaitez le vendre, l’acheteur va certainement avoir un recours à un emprunt, fait auprès d’une banque. Vous savez que la banque elle-même va emprunter la très grande partie de l’emprunt qu’elle vous consent en ne gardant que le minimum légal en capitaux propre (mettons 10%). Vous rappelez-vous des discours sur les capitaux propres des banques insuffisants aux US l’année dernière ? De fait votre acheteur va vous donner de l’argent qui à 90% sera de l’argent créé de façon "magique" sur la valeur de votre actif. Si vous mettez ce mécanisme en chaîne (vous empruntez à votre tour avec cet apport) vous comprenez comment on arrive facilement aux milliers de milliards, sommes courantes dans les domaines financiers. Mais ne nous arrêtons pas : cet argent créé par la cession de votre bien va être remboursé au cours de la durée de vie du prêt, « annulant » par la même la somme d’argent créé, puisque la banque le remboursera aussi. Voici pourquoi la masse monétaire d’un pays se calcule non seulement avec la somme des billets en circulation (M1) mais aussi avec toutes les composantes virtuelles de création de monnaie.

 

Concernant les investissements en devise : si un investisseur étranger souhaite intervenir dans des zones aux devises différentes, outre le risque lié à l’investissement il prend également un risque de change : en effet s’il voulait vendre l’actif qu’il a investi, il récupérerait un montant dans la devise de la zone considérée, or si la devise en question a chuté par rapport à la valeur à laquelle il avait investi il aura perdu même à vente au même prix : explication pratique, un américain vient en Europe il y a un an, un euro vaut environ 1.5 dollar. L’immobilier a chuté et on a des appartements pour une bouchée de pain. Ayant de la trésorerie il achète un appartement à 1 Million de d’euros (en déboursant un 1.5 millions de dollars). Outre le fait que le prix de son appartement peut avoir changé (risque lié à l’investissement), en admettant que rien n’ait bougé il retrouve son million d’euros en le revendant, sauf qu’en retrouvant ses dollars il n’en a plus qu’1.3 millions (change actuel). Il le voit bien son risque de change !

Enfin l’apothéose : le fait que la valeur d’une devise ne dépende pas uniquement de ses actifs à l’instant où l’on parle mais aussi et surtout des perspectives économiques dans les temps à venir. Supposons que vous disposiez d’une pièce d’art contemporaine en tirage limité, si demain on annonce que l’artiste va refaire un certain nombre de ces œuvres et les mettre sur le marché, nul doute que la valeur du bien chutera dans la mesure où le bien sera plus facile à trouver ! Le futur devient de fait le vrai critère de variation d’une devise.

 

Avec ces quelques rappels vous comprenez que l’on s’éloigne du temps où la monnaie était faite en or ce qui lui donnait une vraie valeur en tant que pièce ! Bienvenue dans la dématérialisation, la « virtualisation » des échanges, l’internationalisation des modèles et le hasard du futur comme gage de la tenue du présent : bienvenue dans la mondialisation.

 

Par Renaud Guilbert-Roed - Publié dans : Pensées d'un homme du monde
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